Dans le petit cimetière de Cordonville, une petite fille joue dans le sable près des tombes. La fillette, d'un air déprimé, exécute un travail artistique sur le sol, comme le ferais un peintre sur une toile. Plongée dans son imagination, la petite fille ne s'aperçoit pas de la venue d'un individu. Déconcentrée par l'ombre imposante de son perturbateur, la fillette leva la tête, et observa avec minutie l'apparence du mystérieux visiteur. C'était un grand homme, très pâle. Il avait une pelle à sa main et un habit de travail. Le grand homme, remarquant les larmes de la fillette, se pencha vers celle-ci en lui adressant la parole :
- Dit-moi jeune fille, pourquoi tu pleures ?
- Je pleure parce que je ne retrouve pas ma maman.
- Tu ne sais pas du tout où elle peut être ? Demanda le grand homme.
- Je l'ai perdue. Répondit la fillette.
- Et où l'a-tu perdue chère enfant ?
- Je l'ai perdue là-bas, répondit-elle.
Le grand homme regarda dans la direction désignée par la petite fille. Surpris, il l'interrogea :
- Mais, c'est une tombe ?
- Oui monsieur, répondit l'enfant, ma maman est coincée dessous.
- Veux-tu que je t'aide à la sortir de là ? Proposa le grand homme.
- J'aimerai bien monsieur, dit la fillette en essuyant ses larmes.
L'enfant se dirigea vers la tombe, suivie par le grand monsieur. Ils déplacèrent ensemble la lourde dalle recouvrant la terre puis commencèrent à creuser. La jeune fille, n'apercevant pas sa mère, se remis à pleurer. Soudain le grand homme s'exclama :
- Ça y est ! J'ai touché quelque chose !
- Maman ? Cria la jeune fille, tu es là ?
Puis, d'un air soulagé, la fillette regarda sa mère se lever avec grâce de son tombeau avant de la serrer dans ces bras. Puis la mère s'adressa à sa fille :
- Je t'ai déjà dit cent fois de bien nous suivre quand on retourne en bas.
- Oui je sais maman, mais il y avait ce chat, un chat noir, répondit-elle.
- Oui bon passons, dit la mère, rentrons à présent.
Puis elle emmena sa fille au royaume des morts, sous le regard soulagé du grand monsieur à la pelle et à l'habit de travail. Mais qu'en est-il du chat noir ?